Démarche artistique

Passionnée par l’Expressionnisme Abstrait des années 40 et 50, j’aime me référer à la phrase de Franz Kline :

« …une personne qui veut explorer la peinture se demande naturellement : comment être le plus expressif possible dans mon travail ? Ensuite les formes se développent ».

Elle traduit bien l’orientation de mon expression. Il est déterminant de désacraliser l’esthétisme et ainsi se laisser glisser au plus intime.

La peinture se suffit à elle-même…Peindre, PEINDRE, P.E.I.N.D.R.E. Chaque jour, pendant des heures. Passionnément ! Ma tête reste vide de pensées, elle se remplit de couleurs, de formes, d’apparitions, d’accidents… Sur la toile, je choisis d’en garder certains, j’en supprime d’autres ; des formes sont accentuées, d’autres, subtilement recouvertes deviennent suggestions, ombres, devinettes. J’explore ma propre voie de manière sincère et authentique.

Une seule crainte, sans m’en apercevoir, baisser la garde, me laisser insidieusement  aller à une agréable facilité ; chaque toile doit être une prise de risques, des traits forts, des couleurs dont on attend pas la proximité, pas de mollesse dans l’expression, de la volonté, des décisions, peut-être des erreurs à rechercher.

L’abstraction est  une évidence ; je ne souhaite ni représenter, ni transmettre, ni expliquer… Créer peut-être une possibilité d’échanger, de se rejoindre, le plaisir d’observer tout ce que l’on ne voit pas … En laissant au hasard et à la spontanéité une part dans l’initiative de mon travail, comme une écriture automatique, je révèle bien plus que si je lançais une création mûrie, réfléchie… Proximité avec la nature, attention au monde, relation aux autres, tout ce qui éveille mes sensations, mes sentiments, influence mes réalisations.

Cependant, aucune appréhension devant la toile blanche : luxuriance, abondance et liberté comme celle sans complexe d’un enfant.

                                            Je ne reproduis pas le visible, je rends visible (Paul Klee)

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Par NICOLE LAMOTHE – Journaliste – Critique d’Art

Joyeuse cette peinture dans laquelle chantent les couleurs qui composent une symphonie en tons majeurs, communiquent la joie d’être.

Si Francine Scrignac s’éloigne volontairement du motif, son oeuvre n’en est pas moins construite. Les formes dynamiques occupent l’espace rehaussées de taches ou de tracés noirs qui les valorisent. Verts, bleus, ocres s’éclairent de transparences. C’est la fête de la couleurde la liberté. Les volumes s’engendrent, architecturés par des lignes, incitent à l’évasion. Ainsi l’artiste traduit-elle des sensations, son émotion, ses rêves. Son pinceau semble la guider, l’emporter dans des sphères insoupçonnées et ainsi est créée une oeuvre énergique dans la féerie d’une palette chatoyante, lumineuse, vive, posée en une pâte plus ou moins dense.

Cette peinture lyrique donne la primauté à la lumière, à la couleur et bien qu’elle ne soit plus captive des apparences, dégage une vérité, celle de l’artiste. Peindre et non décrire, tel est le but de Francine Scrignac ; elle le poursuit dans l’authenticité.